Le radon dans le logement : comprendre et se protéger
Dossier · mis à jour le 12/06/2026
Gaz radioactif naturel, le radon est la 2e cause de cancer du poumon. Catégories, niveau de référence de 300 Bq/m3, mesure, prévention et information acquéreur locataire.
Le radon est un gaz radioactif naturel, inodore et incolore, présent dans le sous-sol. Il constitue, après le tabac, la deuxième cause de cancer du poumon en France. Bien géré, le risque se maîtrise facilement : connaître le potentiel radon de sa commune et aérer son logement suffisent souvent à réduire fortement l'exposition.
Qu'est-ce que le radon
Le radon provient de la désintégration de l'uranium et du radium contenus naturellement dans certaines roches, en particulier les sols granitiques et volcaniques. Il remonte vers la surface et peut s'infiltrer dans les bâtiments par le sol, les fissures, les passages de canalisations ou les caves. À l'air libre il se dilue et reste sans danger ; c'est dans les espaces clos et mal ventilés qu'il peut s'accumuler.
L'exposition au radon se mesure en becquerels par mètre cube d'air (Bq/m3), qui traduit le nombre de désintégrations radioactives par seconde dans un mètre cube. Plus la concentration est élevée et la durée d'exposition longue, plus le risque pour la santé augmente.
Le potentiel radon des communes
L'IRSN, intégré à l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, a établi une cartographie du potentiel radon à partir de la géologie. Chaque commune est classée dans l'une des trois catégories suivantes :
- Catégorie 1 : potentiel radon faible. Les formations géologiques présentent les teneurs en uranium les plus basses.
- Catégorie 2 : potentiel faible, mais sur des terrains où des facteurs géologiques particuliers (failles, anciennes mines) peuvent faciliter le transfert du radon vers les bâtiments.
- Catégorie 3 : potentiel significatif. Les formations sont naturellement plus riches en uranium ; ce sont par exemple des secteurs du Massif central, de la Bretagne, de la Corse ou des Vosges.
Cette classification est consultable commune par commune sur mon-risque.com et sur georisques.gouv.fr. Elle indique une probabilité de présence de radon, pas une mesure : seul un relevé dans le logement donne la concentration réelle.
Le niveau de référence de 300 Bq/m3
Le code de la santé publique fixe un niveau de référence de 300 Bq/m3 en moyenne annuelle dans les bâtiments. Au-delà de cette valeur, il est recommandé d'engager des actions pour réduire la concentration. Ce niveau de référence n'est pas un seuil de danger immédiat, mais un repère d'action : plus on s'en approche ou on le dépasse, plus il est utile d'agir.
Lorsqu'une mesure dépasse 300 Bq/m3, des solutions simples permettent le plus souvent de revenir sous ce niveau. En cas de valeurs très élevées, des travaux d'étanchéité et de ventilation peuvent être nécessaires.
Radon et information acquéreur locataire
Dans les communes classées en catégorie 3 et listées par arrêté préfectoral, l'information sur le radon est obligatoire lors de toute vente ou location, au titre de l'information acquéreur locataire (article R. 125-23 du code de l'environnement). Le classement radon figure alors dans l'état des risques remis à l'acquéreur ou au locataire.
Pour comprendre l'ensemble du dispositif, consultez notre dossier sur l'information acquéreur locataire. Le document officiel et opposable se génère à l'adresse du bien sur georisques.gouv.fr.
Comment mesurer le radon chez soi
La mesure se réalise avec un dosimètre passif, un petit boîtier placé dans les pièces de vie pendant au moins deux mois, idéalement durant la période de chauffe (de l'automne au printemps), lorsque les logements sont les plus fermés. Des kits de mesure sont disponibles dans le commerce et auprès d'organismes spécialisés.
Quelques recommandations pour une mesure fiable :
- placer le dosimètre dans une pièce occupée (séjour, chambre), au rez-de-chaussée de préférence ;
- éviter de le poser près d'une fenêtre, d'une porte ou d'une source de chaleur ;
- vivre normalement pendant la mesure, sans sur-aérer artificiellement.
Comment réduire l'exposition
Réduire la concentration de radon repose sur deux principes : empêcher son entrée et favoriser son évacuation.
- Aérer quotidiennement en ouvrant les fenêtres, et entretenir le système de ventilation (VMC).
- Améliorer l'étanchéité entre le sol et le logement : colmatage des fissures, traitement des passages de canalisations, isolation du vide sanitaire.
- Ventiler le soubassement (cave, vide sanitaire) pour évacuer le radon avant qu'il ne pénètre dans les pièces de vie.
Ces actions, souvent peu coûteuses, suffisent dans la majorité des situations à ramener la concentration sous le niveau de référence.
Radon et santé
L'inhalation prolongée de radon augmente le risque de cancer du poumon, d'autant plus chez les fumeurs, chez qui les effets se cumulent. La prévention vise donc à limiter l'exposition dans la durée, en particulier dans les communes à potentiel significatif. Mesurer puis, si besoin, aérer et ventiler restent les gestes les plus efficaces.
Pour résumer
- Le radon est un gaz radioactif naturel issu du sous-sol, qui peut s'accumuler dans les bâtiments fermés.
- Les communes sont classées en trois catégories de potentiel par l'IRSN ; la catégorie 3 correspond au potentiel significatif.
- Le niveau de référence est de 300 Bq/m3 en moyenne annuelle.
- Dans les communes de catégorie 3, l'information est obligatoire lors d'une vente ou d'une location.
- La mesure est simple, et l'aération comme la ventilation réduisent fortement l'exposition.
Questions fréquentes
Comment connaître le potentiel radon de ma commune ?
Consultez la fiche de votre commune sur mon-risque.com ou la rubrique radon ; le classement officiel figure aussi sur georisques.gouv.fr.
Une catégorie 3 signifie-t-elle un danger certain ?
Non : elle indique une probabilité plus élevée de présence de radon. Seule une mesure dans le logement donne la concentration réelle.
Le radon concerne-t-il les appartements en étage ?
Le radon se concentre surtout aux niveaux bas, en contact avec le sol. Les étages élevés sont généralement moins exposés, mais une mesure reste le meilleur moyen de savoir.
Le radon en France : quelques repères
Le radon est présent partout, mais à des concentrations très variables selon la géologie. Les régions où le sous-sol est riche en uranium, comme le Massif central, la Bretagne, la Corse, les Vosges ou certaines zones des Pyrénées et des Alpes, présentent les potentiels les plus élevés. À l'inverse, les grands bassins sédimentaires, comme le Bassin parisien ou le Bassin aquitain, sont généralement moins concernés.
La concentration dans un logement dépend de trois facteurs : la quantité de radon disponible dans le sol, la facilité avec laquelle il pénètre dans le bâtiment, et la ventilation des pièces. Deux maisons voisines peuvent ainsi présenter des niveaux différents selon leur étanchéité, leur mode de chauffage et les habitudes d'aération. C'est pourquoi la mesure individuelle reste la seule façon de connaître la situation réelle d'un logement.
Le radon est plus concentré en hiver, lorsque les logements sont fermés et chauffés, et plus faible en été, quand l'aération est naturelle. Les niveaux varient aussi au cours de la journée. Une mesure de longue durée, étalée sur plusieurs semaines, donne donc une image bien plus fiable qu'un relevé ponctuel.
Une mesure pas à pas
Réaliser une mesure soi-même est simple et peu coûteux. Voici les grandes étapes :
- se procurer un ou plusieurs dosimètres passifs auprès d'un organisme spécialisé ou dans le commerce ;
- les placer dans les pièces de vie occupées (séjour, chambre), de préférence au niveau le plus bas du logement ;
- les laisser en place au moins deux mois durant la période de chauffe, en vivant normalement ;
- les renvoyer pour analyse, puis interpréter le résultat au regard du niveau de référence de 300 Bq/m3 ;
- en cas de dépassement, agir sur l'aération et la ventilation, puis vérifier l'efficacité par une nouvelle mesure.
Radon, lieux de travail et établissements recevant du public
Au-delà des logements, la gestion du radon concerne aussi certains lieux de travail et établissements recevant du public situés dans les zones à potentiel élevé. Les responsables de ces locaux doivent évaluer l'exposition et, le cas échéant, engager des actions de réduction. Les établissements d'enseignement, les crèches ou les structures sanitaires et sociales font l'objet d'une attention particulière, car ils accueillent des publics sensibles ou pour de longues durées.
La démarche suit la même logique que pour l'habitat : évaluer, mesurer si nécessaire, puis agir sur l'étanchéité et la ventilation pour ramener la concentration sous le niveau de référence.
Radon et construction neuve
Lors d'une construction neuve en zone à potentiel radon, des dispositions simples limitent l'entrée du gaz : soin apporté à l'étanchéité du soubassement, traitement des points de pénétration (canalisations, gaines), ventilation adaptée. Anticiper dès la conception coûte beaucoup moins cher que de corriger après coup.
En rénovation, l'amélioration de l'isolation peut, paradoxalement, augmenter la concentration de radon si elle réduit le renouvellement d'air sans ventilation suffisante. Il est donc essentiel d'associer étanchéité et ventilation maîtrisée, plutôt que de fermer hermétiquement un logement.
Radon et tabac : un risque cumulatif
Le radon est la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac, et les deux facteurs se cumulent : l'exposition au radon est nettement plus dangereuse chez les fumeurs. Réduire l'exposition au radon et ne pas fumer dans les espaces de vie sont deux gestes complémentaires de prévention.
Idées reçues sur le radon
Le radon ne concerne que les vieilles maisons
Faux. Le radon dépend d'abord du sol et de la ventilation, pas de l'âge du bâtiment. Une construction récente très étanche mais mal ventilée peut accumuler du radon.
Si mon voisin n'a pas de radon, je n'en ai pas
Pas nécessairement. Les niveaux varient d'un logement à l'autre selon l'étanchéité, le chauffage et l'aération. Seule une mesure chez soi permet de conclure.
Le radon est un problème insoluble
Au contraire : dans la grande majorité des cas, aérer et ventiler suffisent à revenir sous le niveau de référence, pour un coût modéré.
Lexique du radon
- Becquerel par mètre cube (Bq/m3) : unité de mesure de l'activité du radon dans l'air.
- Niveau de référence : valeur de 300 Bq/m3 en moyenne annuelle au-delà de laquelle des actions de réduction sont recommandées.
- Potentiel radon : probabilité, liée à la géologie, de présence de radon dans une commune (catégories 1 à 3).
- Dosimètre : détecteur passif placé plusieurs semaines pour mesurer la concentration moyenne.
- VMC : ventilation mécanique contrôlée, qui renouvelle l'air du logement et évacue le radon.
Le radon en quelques chiffres
Le radon est, après le tabac, la deuxième cause de cancer du poumon en France ; plusieurs milliers de décès par an lui sont attribués selon les autorités sanitaires. Il constitue aussi la principale source d'exposition de la population aux rayonnements ionisants d'origine naturelle. Ces chiffres expliquent pourquoi la prévention, simple et peu coûteuse, est encouragée dans les zones à potentiel significatif, sans pour autant justifier d'inquiétude excessive.
Interpréter le résultat d'une mesure
Une fois la mesure réalisée, le résultat s'exprime en becquerels par mètre cube, en moyenne sur la période de pose du dosimètre. En dessous du niveau de référence de 300 Bq/m3, la situation est considérée comme satisfaisante, sans qu'aucun niveau ne soit totalement dénué de risque. Au-delà, il est conseillé d'agir : plus la valeur est élevée, plus il convient d'intervenir rapidement, en commençant par les gestes simples d'aération et de ventilation, avant d'envisager si nécessaire des travaux d'étanchéité. Une nouvelle mesure permet ensuite de vérifier l'efficacité des actions menées.
Radon et qualité de l'air intérieur
La gestion du radon s'inscrit dans une démarche plus large de qualité de l'air intérieur. Un logement bien ventilé dilue non seulement le radon, mais aussi l'humidité et les polluants émis par les matériaux, le mobilier ou les activités domestiques. Entretenir sa ventilation mécanique contrôlée, ne pas obstruer les entrées et sorties d'air, et aérer régulièrement profitent donc à la fois à la lutte contre le radon et au confort général du logement.
Radon et rénovation énergétique
Les travaux de rénovation énergétique améliorent l'étanchéité à l'air des logements, ce qui réduit les dépenses de chauffage mais peut aussi diminuer le renouvellement naturel de l'air. Sans ventilation adaptée, cela risque de favoriser l'accumulation de radon. Il est donc recommandé, lors d'une rénovation, de traiter conjointement l'isolation et la ventilation, et de profiter du chantier pour améliorer l'étanchéité au niveau du sol dans les zones à potentiel radon.
Combien coûte la gestion du radon
Le diagnostic est très accessible : un dosimètre passif représente une dépense modeste, de l'ordre de quelques dizaines d'euros. Les premières actions correctives (aération, amélioration du fonctionnement de la ventilation, colmatage de fissures) sont également peu coûteuses. Ce n'est que dans les situations de concentrations élevées, nécessitant une ventilation spécifique du soubassement ou une étanchéité renforcée, que le coût peut augmenter. Dans la grande majorité des cas, ramener un logement sous le niveau de référence reste abordable.
Radon : qui peut aider
Plusieurs acteurs peuvent accompagner les particuliers : les organismes spécialisés qui fournissent les dosimètres et analysent les mesures, les professionnels du bâtiment pour les travaux d'étanchéité et de ventilation, et les services de l'État pour l'information réglementaire. Dans les communes à potentiel élevé, des campagnes d'information et de mesure sont parfois organisées localement. En cas de doute sur l'interprétation d'un résultat ou sur les travaux à engager, l'avis d'un professionnel qualifié est précieux.
Radon : les bons réflexes en résumé
- vérifier le potentiel radon de sa commune (catégories 1 à 3) ;
- mesurer avec un dosimètre, surtout en catégorie 3 et au contact du sol ;
- aérer chaque jour et entretenir la ventilation ;
- traiter l'étanchéité entre le sol et le logement si besoin ;
- mesurer de nouveau pour confirmer le retour sous 300 Bq/m3.
Avertissement. Ce dossier est informatif et ne remplace pas l'état des risques réglementaire ni un diagnostic. Reportez-vous à georisques.gouv.fr et, en cas de doute, à un professionnel.